La poursuite des mercenaires fut grandiose, je me devais de la retranscrire.
La bataille de Vera Cruz était terminé, les mercenaires filaient vers le Nord pendant que la casa se planquait au port. Les mercenaires … je n’avais même pas eu le temps de leur faire tâter de ma rancune. Ils avaient insulté les pirates et la piraterie, nous avaient provoqué. La Nina ne s’en tirerait pas. Je me l’étais juré. C’était ancré au fond de moi-même. Je la poursuivrais ou qu’elle aille. En enfer s’il le fallait.
La tempête s’était levée. Cela faisait un bout de temps que je testais les limites du Cursed Fate, un maximum de toile pour un maximum de vitesse. Le navire était à bout. Mes hommes aussi. Après une bref halte à Vera Cruz, je rejoignis les Morriganed qui avaient commencé la poursuite.
Plein Nord.
Le vent forcissait, la mer se déchaînait. Les mercenaires viraient de bord !
Plein Est.
Après deux jours de poursuite, je n’avais toujours pas l’impression de m’approcher. Je voyais les voiles de Hermano les rattraper, quelques coups de canons, puis s’éloignait pour éviter les représailles. Pas de répits. Ils mourraient à petit feu.
Puis vint l’obscurité. La nuit en plein jour. Les nuages assombrissaient tout, nous projetant dans un monde déchaîné, sans lumière, ou le fracas de vague et les hurlements du vent étaient maîtres. L’enfer. Le lieu approprié pour une telle poursuite.
Cependant, je savais que ça allait empirer. Tous sur le navire étaient pétrifiés. Les voiles s’étaient finalement réduites au strict minimum pour ne pas arracher le mat et la houle était terrible. Ca pouvait être pire ?
Oui. Une tempête comme je n’en avais jamais vue. Le navire ballotté par la puissance d’une mer en furie. Un vent inimaginable. A croire que le Diable en personne venait nous cracher sa bille au visage. Nous ne pouvions rien faire, à part colmater les brèches dans la coque, essayer de sauver tous ce qui pouvait l’être. Cela dura deux jours. Deux jours de cauchemar ou la fin se dessinait de plus en plus. Deux jours ou il était impossible de dormir, même mangé était devenu une corvée. La peur au ventre, j’essayais de rassurer mes hommes. Comment avais-je put les envoyer dans cet enfer ? A la poursuite de quelle chimère ? La Nina. Les mercenaires.
Ils occupaient chacune de mes pensés. J’ai passé mon temps à imaginer la manière de les approcher. J’en étais obsédé.
Puis une nuit, le calme. La mort ? Non. Juste une mer calme, turquoise, magnifique. Une douce brise vint me caresser le visage. Je voyais mes hommes qui n’en croyaient pas leurs yeux d’être toujours en vie. J’étais comme eux.
Il faisait nuit. Une nuit merveilleuse ou la lune faisait office de soleil. Le calme, l’horizon … Des mats. Un deux ponts. Un galion de guerre. Une frégate lourde et une de course. Les mercenaires.
J’ordonnais le branle bas de combat, faisais sortir toutes les voiles pour profiter de la brise. Le vent procuré par la vitesse me fouettait le visage. Je riais aux éclats. La poursuite reprenait son cours…
Les morriganed étaient toujours là ! Hermano et Ridley aussi ! Tous s’en étaient sortit sans trop de dommage. Ca tenait du miracle !
Hermano continuait son travail. Les Mercenaires ralentissaient sous ses coups. Nous étions plus rapide qu’eux, les rattraper serait une question de temps. Mais Campeche se rapprochait. Ce port espagnol serait leur salut ! Il était hors de question qu’ils l’atteignent.
Lundi passa. Puis Mardi.
Mardi soir, changement de donne. J’étais suffisamment proche d’eux, mais pas encore assez pour les aborder. Je gagnais du terrain. Chaque heure me rapprochait de la confrontation.
Mercredi matin. Ca y est, je suis bord à bord avec la Nina. Je lâche une bordée de mitrailles avant de passer à l’action. Les énormes vaisseaux de guerre sont toujours là et je ne pouvais pas me permettre de la louper. Un assaut. Un seul. Sinon, c’était la fin.
La tartane d’Hermano … détruite. Les salauds !
Je manoeuvrais pour aborder la « Perra de Perez ». Ca y est ! Les grappins furent lancés, les coups de fusils explosaient de chaque coté. Je savais que la demi mesure n’avait plus de sens. Il fallait faire un massacre. Tous ce jeter dans la bataille et anéantir l’ennemi, voila le mot d’ordre.
La poudre et le sang poissaient le pont de la frégate lourde. Je frappais tout ce qui était ibérique. Je me créais un passage fait de corps et de chaires vers la Nina. Je l’avais repéré prés du gouvernail...
Je croisais son regard. Le duel allait commencer.
Je me lançais avec rage sur elle, frappant de toutes mes forces. Elle esquivait, parait, contre attaquait. Nous étions pris dans une danse mortuaire pleine de violence et de rage. Chacun de nous haïssait l’autre. Chacun de nos coups ne visaient qu’un seul but : la destruction de l’adversaire.
Une accalmie. Alors que je l’avais blessé au bras au prix d’une entaille dans mon flanc, ses hommes arrivaient. Quoi ? Avais-je perdu la bataille ? Je me retournais et vis qu’au contraire le navire était à nous. Je fis de nouveau volte face, personne. En attendant, la Nina avait filé. Ou plutôt, ses hommes l’avaient embarqué dans une chaloupe pour lui éviter le massacre qui s’annonçait.
La rage s’atténuait. Je reprenais conscience de la situation. Il fallait agir vite. J’ordonnai à mes hommes de s’emparer de quelques canons et de les mettre à bord du Cursed Fate, puis reparti sur mon navire. Au loin, les bouches à feu des morriganed allaient attaquer. Ils s’acharnèrent sur le deux ponts de Irys De Crinolyne et le galion de guerre de cyprien. Une tartane dont le nom du capitaine m’échappe, mais en tout cas espagnol, tira à tout va sur Sowel et réussi même à l’aborder. Enfoiré ! Il continua sa lancé sur ma coque avant se s’enfuir. Mais déjà, Mauditguen et Djahwansaad arrivait pour venger leur confrère. Où plutôt, se donnèrent à cœur joie dans la destruction des deux mercenaires restant.
Il fallait continuer, pas un n’en réchappera …
Les loups de mer sanguinaires… Voila nos mystérieux agresseurs ! Campeche était en vue.
Plus le temps. Fallait t’il abattre les derniers Mercenaires ? J’étais le seul à pouvoir le faire. Ridley n‘aurait sans doute pas le temps de les atteindre, les Moriganed pas assez d’hommes.
Leur laisser un cour répit avant un nouvel assaut ?
Je savais que les Piastreux faisaient route vers le port espagnol.
Une nouvelle bataille allait commencer …